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Cambiar para encajar - changer pour s’adapter


[texte en français en bas]


Cambiar para encajar: ¿un precio demasiado alto?

Desde pequeños, aprendemos que pertenecer a un grupo es esencial. La familia, la escuela, los amigos, y más adelante la sociedad en general, nos presentan normas, valores y expectativas que, en muchos casos, sentimos la necesidad de cumplir para ser aceptados. Sin embargo, surge una pregunta crucial: ¿hasta qué punto es saludable cambiar para encajar?

 

Freud ya mencionaba que los seres humanos vivimos en tensión entre nuestros deseos inconscientes y las normas sociales que nos reprimen. Este conflicto puede llevarnos a adaptaciones necesarias para la convivencia, pero también a renuncias que impactan nuestra esencia. Winnicott, por su parte, introdujo el concepto del "falso ser", una máscara psicológica que adoptamos para protegernos de la desaprobación o el rechazo. Este falso ser emerge cuando nos alejamos demasiado de lo que somos auténticamente, construyendo una identidad que busca complacer a otros más que reflejar nuestras verdaderas necesidades y deseos.

 

Cambiar ciertos aspectos de nosotros mismos, ceder, negociar, comprender perspectivas diferentes y adaptarnos es inevitable. Pero, ¿qué ocurre cuando esa adaptación se convierte en una renuncia constante a nuestro ser auténtico? Cuando, por miedo al rechazo, dejamos de escucharnos para escuchar solo a los demás, comenzamos a desconectarnos de nuestra esencia.

 

En terapia, muchos pacientes, especialmente adolescentes, sienten la presión de encajar en grupos sociales a costa de sus propias particularidades. Un caso típico es el de quienes adoptan comportamientos, opiniones o incluso estilos de vida que no les representan, solo para no ser excluidos. Esto puede proporcionar aceptación momentánea, pero a menudo generan un vacío interno profundo, una sensación de despersonalización.

 

Ser auténtico en un mundo que nos invita a ser de otra manera es un acto de valentía. No se trata de rechazar cualquier influencia externa o de negar la necesidad de adaptarse, sino de encontrar un equilibrio. Es importante preguntarnos: ¿este cambio me enriquece y me permite crecer, o me aleja de quien soy realmente?

 

Reconocer nuestra singularidad y encontrar entornos donde podamos ser aceptados por lo que somos, y no por lo que aparentamos ser, es fundamental para una vida emocionalmente saludable. Como decía Winnicott, el verdadero ser es la base de nuestra creatividad, nuestra capacidad de disfrutar y de relacionarnos genuinamente con otros. Cuando lo perdemos de vista, corremos el riesgo de vivir una existencia vacía, dominada por la conformidad y la superficialidad.

 

Al final, encajar no debería implicar traicionarnos. La clave está en buscar conexiones y contextos que nos permitan crecer sin tener que apagar nuestra luz interna. Solo así podemos ser parte de un grupo sin dejar de ser nosotros mismos.

 

 

 


Changer pour s’adapter : un prix trop élevé ?

Dès notre plus jeune âge, nous apprenons que faire partie d’un groupe est essentiel. La famille, l’école, les amis, et plus tard la société en général, nous imposent des normes, des valeurs et des attentes que nous ressentons souvent comme des obligations pour être acceptés. Pourtant, une question essentielle se pose : jusqu’à quel point est-il sain de changer pour s’adapter ?

 

Freud évoquait déjà la tension permanente entre nos désirs inconscients et les normes sociales qui les répriment. Ce conflit peut conduire à des ajustements nécessaires pour la vie en communauté, mais aussi à des renoncements qui impactent profondément notre essence. Winnicott, quant à lui, a introduit le concept de "faux self", un masque psychologique que nous adoptons pour nous protéger de la désapprobation ou du rejet. Ce faux self émerge lorsque nous nous éloignons trop de ce que nous sommes authentiquement, construisant une identité qui cherche à plaire aux autres plutôt qu’à refléter nos besoins et désirs réels.

 

Changer certains aspects de soi, céder, négocier, comprendre des perspectives différentes et s’adapter fait partie de la vie. Mais que se passe-t-il lorsque cette adaptation devient une renonciation constante à notre être authentique ? Quand, par peur du rejet, nous cessons de nous écouter pour n’entendre que les autres, nous commençons à nous déconnecter de notre essence.

En thérapie, ce dilemme est fréquent. De nombreux patients, notamment des adolescents, ressentent la pression de s’intégrer à des groupes sociaux au détriment de leurs particularités. Un cas typique est celui de ceux qui adoptent des comportements, des opinions ou même des styles de vie qui ne les représentent pas, simplement pour éviter l’exclusion. Ces stratégies peuvent offrir une acceptation temporaire, mais elles engendrent souvent un vide intérieur profond, une sensation de dépersonnalisation.

 

Être authentique dans un monde qui nous invite constamment à être autre chose est un acte de courage. Il ne s’agit pas de rejeter toute influence extérieure ou de nier la nécessité de s’adapter, mais de trouver un équilibre. Il est important de se demander : ce changement m’enrichit-il et me permet-il de grandir, ou m’éloigne-t-il de qui je suis vraiment ?

 

Reconnaître notre singularité et trouver des environnements où nous pouvons être acceptés pour ce que nous sommes, et non pour ce que nous prétendons être, est essentiel à une vie émotionnellement saine. Comme le disait Winnicott, le vrai self est la base de notre créativité, de notre capacité à ressentir du plaisir et à établir des relations authentiques avec les autres. Lorsque nous perdons cela de vue, nous risquons de mener une existence vide, dominée par la conformité et la superficialité.

 

Au final, s’adapter ne devrait pas signifier se trahir. La clé est de chercher des connexions et des contextes qui nous permettent de grandir sans éteindre notre lumière intérieure. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons faire partie d’un groupe tout en restant nous-mêmes.

 

 
 
 

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